Sommes-nous encore capables de voyager déconnectés ?


« Ici, pas de Wi-Fi. » Léger frisson de panique à 3 835 mètres d’altitude, à l’entrée du refuge du Goûter. En théorie, les alpinistes partis à la conquête du mont Blanc ont autre chose à faire qu’actualiser leur boîte mail. Mais le guide de haute montagne Guillaume Mardon rapporte, amusé, la surprise de certains marcheurs pénétrant dans le bâtiment ultramoderne : « Il faudrait qu’ils s’y mettent, tout de même ! »

« Pour la météo, je demande aux gens et je lève le nez, ça marche très bien aussi. Et il m’arrive de ne pas suivre le GPS, ça fait partie du jeu », Bruno Durand-Manguy, cyclotouriste

Glisser son smartphone, ou pas, dans son sac à dos ? Trouver du Wi-Fi à tout prix, comme on cherche un tabac à toute heure ? Comment débrancher, quand on consulte son smartphone plus de 200 fois par jour en moyenne, selon un sondage Tecmark effectué au Royaume-Uni ?

Pour certains, pas de doute : le voyage est une parenthèse non négociable. Bruno Durand-Manguy, cycliste aguerri et jeune retraité ultraconnecté, se débarrasse de son portable quand il part sur les routes de France. Et s’il y a de l’orage ? « La météo sur le téléphone, ça fait toujours peur ! Je demande aux gens et je lève le nez, ça marche très bien aussi. » Le GPS ? « C’est un confort, mais il m’arrive de ne pas le suivre, ça fait partie du jeu. » Et du plaisir. Comme si, pour se perdre, il fallait désormais le décider.

Choisir, aussi, de ne plus remplir chaque minute de nos journées. « En voyage, on essaie d’abandonner la logique de rentabilité du temps que nous...

Source: lemonde


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